jeudi 8 juin 2017

Bibliométrie et impact de la recherche


Le 31 mai dernier, à la bibliothèque MacOdrum de l’Université Carleton à Ottawa, se tenait la première rencontre de la Communauté de pratique de bibliométrie et d’impact de la recherche. Cet événement était organisé conjointement par l’Université de Waterloo, l’Université de Carleton, l’Université McGill, l’Université Laval et l’ÉTS.

Il y avait surtout des bibliothécaires universitaires, mais aussi des analystes d’agences gouvernementales et des représentants de bureaux de la recherche. Ne manquaient que les chercheurs! M présentation portait sur les formations sur les mesures d’impact données aux étudiants de 4 programmes de premier cycle.

Les principales réflexions de la journée :
  • La désambiguïsation des affiliations et noms de chercheurs est toujours au cœur des analyses de citations, vivement une adoption généralisée d’ORCID pour améliorer le processus!
  • Les chercheurs et décideurs ne sont pas toujours conscients du contexte d’utilisation des citations; l’utilisation de données normalisées est essentielle, notamment pour tenir compte des variations selon les disciplines.
Le programme complet est disponible ici, et les présentations seront diffusées sous peu : faites-moi signe si l’une d’elles vous intéresse. Voici mes notes sur ce qui a retenu mon attention.

 

Publish or Perish

J’avais déjà entendu parler de ce logiciel gratuit, qui a été utilisé par les bibliothécaires de l’Université Concordia pour fournir des bibliographies et données bibliométriques de chercheurs à leur Bureau de la recherche, afin de monter des dossiers de candidature à des prix d’excellence. Je l’ai téléchargé et fait une recherche rapide avec l’auteur Jocelyn Lauzon. Il va sans dire qu’un profil Google Scholar à jour donne des résultats intéressants! Pas certaine que tous iront consulter les réserves face aux données de Google Scholar cependant. J’ai pu exporter facilement les références dans EndNote, mais les données étaient incomplètes (titre de la revue abrégé, pas de résumé…). J’ignore si ce logiciel me sera utile un jour, mais au moins j’ai essayé quelque chose de nouveau.

Les données bibliométriques d'un chercheur dans Publish or Perish

 

Le dépôt institutionnel de l’Université de Carleton

Mon coup de cœur de la journée! Le tout nouveau dépôt institutionnel (DI) CURVE intègre un paquet de métadonnées telles que plusieurs identifiants d’auteur (ORCID, Scopus, et même Twitter et autres médias sociaux!) qui permettent de mettre en valeur de nombreuses données liées. Le DI est basé sur celui de l’Université Erasmus de Rotterdam. On peut mettre en évidence des articles qui ne sont pas encore publiés grâce à des APIs d’éditeurs et intégrer des données de géolocalisation. Outre les thèses et mémoires, le dépôt contient les publications du corps professoral et des travaux d’étudiants.

 

Services de bibliométrie en bibliothèque

Nos collègues de l’ÉTS ont lancé un service d’analyse de production scientifique qui a été mis en valeur à plusieurs reprises dans l’infolettre Substance ÉTS. Voir un exemple de fiche bibliométrique produite pour un chercheur.  De son côté, l’Université Laval a créé quatre nouveaux postes de bibliothécaires, dont un en communication savante, ainsi qu’un poste à mi-temps en bibliométrie et impact de la recherche. Ce dernier site propose plusieurs infographies avec licence CC.

Les discussions sur les services de bibliométrie ont mis en évidence l’importance d’impliquer le chercheur visé lorsque la demande de données provient du bureau de la recherche ou d’un département. Plusieurs chercheurs sont d’ailleurs surpris d’apprendre que les données bibliométriques ne sont pas confidentielles.

 

Réseaux complexes de citations

Une présentation geek à souhait, où on a présenté qu’une analyse des données bibliométriques par la technique Main Path Analysis permet de créer un sommaire épuré de la littérature sur un sujet particulier. Pas facile à expliquer, mais en gros, on extrait d’un réseau complexe de citations les publications qui forment le squelette des connaissances – autrement dit, les articles « fondateurs » et émergents, qu’il vaut la peine de connaître lorsqu’on s’intéresse à un nouveau sujet. Une image valant mille mots (source : http://www.leydesdorff.net/histcite/ ), voici le sentier principal des 30 articles les plus cités parmi 7696 documents portant sur le fullerene. Fascinant!

 

Lectures suggérées

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