lundi 28 mai 2012

Formation continue: la recherche translationnelle

Avec un petit décalage (je suis maintenant de retour à Montréal), je poursuis le récit de mes aventures au congrès de la MLA. La session plénière du mercredi matin portait sur les différents modèles de systèmes de santé dans le monde, et vous pouvez lire mon compte-rendu ici. Le programme s'est poursuivi avec une session sur un type de recherche clinique de plus en plus en vogue, la Comparative Effectiveness Research. J'ai écouté d'une oreille distraite car j'étais trop occupée à éditer mon dernier billet!

En après-midi, j'ai participé à une activité de formation continue, Forging a Path for Translational Science Support at Your Institution: A Roadmap for Success. La présentation de Kristi Holmes et Cathy Sarli a débuté par une définition de la recherche translationnelle, que je pourrais traduire par l'implantation des découvertes de la recherche fondamentale dans la pratique clinique. Le processus se veut collaboratif et multidisciplinaire, et encourage donc le partage des connaissances, car les chercheurs traditionnels travaillent souvent en silo. On veut ainsi accélérer la transition entre le laboratoire et le chevet du patient, afin d'améliorer la santé humaine.  Aux États-Unis, on a établi un programme regroupant 60 centres en recherche translationnelle (Clinical and Translational Science Awards), mais cette philosophie peut naturellement s'appliquer dans des contextes similaires.

Quel lien avec les bibliothèques médicales? Nous pouvons jouer un rôle important dans plusieurs activités qui supportent ou facilitent la recherche translationnelle. La première étape avant de s'impliquer auprès d'un groupe de recherche est d'identifier quels sont ses joueurs-clés: chercheurs, cliniciens, étudiants, administrateurs. Ensuite, on peut déterminer quelles sont les failles ou les besoins que nous pouvons combler. On pourra ensuite tirer profit de nos forces existantes. Des exemples d'implication: enseignement et formation, support à la rédaction, ressources pour la santé des patients, impact de la recherche, compétence informationnelle, évaluation de ressources, licences de logiciels, rédaction de demandes de subvention, gestion des données de recherche, réseaux collaboratifs de chercheurs...

Rien de bien nouveau, me direz-vous? Le message principal était de sortir de notre bibliothèque afin de nous faire connaître et montrer tout ce qu'on peut faire. En quinze ans de recherche en laboratoire, je ne peux pas dire que j'ai déjà vu des bibliothécaires se pointer dans le département pour nous proposer une formation ou pour nous faire part de leurs services autrement que pour nous aviser de la disponibilité d'un nouveau périodique; pourtant, il y aurait eu un paquet d'opportunités à saisir...

La formation s'est terminée avec un exercice de remue-méninges où nous devions proposer une activité ayant un budget de $1000. Mon équipe a par exemple suggéré la tenue de deux mini-conférences par année; la bibliothèque pourrait offrir une formation (par exemple, recherche de revues systématiques ou facteur d'impact des publications) et un conférencier spécialisé serait également invité. Ce serait l'occasion pour les membres du groupe de recherche de rencontrer des collaborateurs potentiels, d'échanger avec leurs pairs et d'apprendre.

Prenez donc contact avec votre partenaire privilégié (bureau de la recherche ou équivalent), qui vous introduira en tant que partenaire crédible et neutre, et proposez votre plan!

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