jeudi 27 mai 2010

Dossiers de patients informatisés


La conférence NLM/MLA a été donnée par John D. Halamka, médecin et chercheur au pedigree impressionnant et à la personnalité exubérante. J'ai donc rencontré un second humain dont le génome a été rendu public (après J. Craig Venter cet automne), faut croire que ça devient commun! Le Dr Halamka est l'une des dix personnes qui divulguent aussi leur dossier médical pour faire avancer la science. Cet altruisme lui est quand même profitable, puisqu'on a pu identifier dans son génome deux facteurs de risque pour le glaucome; il souffre effectivement de cette maladie silencieuse, qui est maintenant contrôlée par médication.

Le conférencier nous a donc présenté les cinq défis de l'informatisation des dossiers de patients:
  1. Le consentement au partage des données: qui aura accès, à quels éléments et dans quelles circonstances au dossier médical? La NLM pourra intervenir en codifiant toutes les possibilités en langage contrôlé.
  2. L'implication personnelle du patient: plusieurs maintiennent déjà leur dossier avec Google Health (voir celui du Dr Halamka), une avenue serait donc d'avoir son propre URL agrégateur de données. Ici la NLM peut intervenir en éduquant le patient pour l'interprétation des données, par exemple avec des liens vers Medline Plus.
  3. (Anecdote: on a considéré à un moment d'implanter dans le bras des patients des puces RFID contenant leur dossier médical. Le Dr Halamka a servi de cobaye et fait maintenant déclencher l'alarme antivol à chaque fois qu'il va chez BestBuy!)

  4. Faciliter la normalisation: tant au niveau du contenu, du vocabulaire et de la transmission des données. Ici encore, rôle pour les bibliothécaires.
  5. Colliger les données à partir de dossiers individuels: le succès sera garanti par une structuration des données au point d'entrée et en utilisant une approche fédérée (conserver les dossiers localement). Le Dr Halamka a donné comme exemple le Shared Health Research Information Network, qui comprend une interface de requête centrale qui repêche les données dans chacun des établissements du réseau. On peut ainsi comparer en quelques secondes, par exemple, les proportions de personnes diabétiques et asthmatiques dans une population.
  6. Un mécanisme de support à la décision devra être intégré. Il faudra aller au-delà des données du dossier médical et utiliser des règles pour les interpréter, par exemple au moyen d'une interface de décision basée sur les données probantes.
Vous pouvez voir les diapos de la conférence ici (plusieurs images illustrent ce que je vous ai résumé). Je me demande si les bibliothèques médicales québécoises sont/seront impliquées dans l'informatisation des dossiers médicaux? Et où sont nos futurs professionnels en informatique médicale? À l'UdeM, il semble y avoir des cours au programme du bac. en informatique.

Voir le vidéo de la conférence en ligne

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